Les monuments

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Le père Barnabé :

Le pére Barnabé à Samogneux    Monument érigé en 1930 au pied de l’ancienne église. Financé, ainsi que la reconstruction du village, grâce à la générosité de l’Oeuvre franco-américaine du Relèvement de Samogneux d’Henri Frémont et d’une américaine, Miss Horace Gray de Boston.
    Né de la plume de Monsieur Henri Frémont, écrivain, homme de presse et libraire, originaire de Verdun, le Père Barnabé, personnage imaginaire, symbole des réfugiés meusiens de la guerre 14-18, est à l’origine même de la reconstruction de Samogneux et particulièrement du patrimoine public. Il représente un paysan meusien sur l’emplacement de son village détruit, abattu devant l’ampleur du désastre. Il est construit en béton armé moulé.

    Le Père Barnabé est né de l’imagination d’Henri Frémont pendant sa propre exode de Verdun en 1917 vers Paris. Le mal du pays et les évènements l’inspirèrent ; il commença à écrire l’ histoire, au présent, d’un malheureux évacué meusien, de Samogneux, qui aurait tout aussi bien pu être de Vacherauville ou d’ailleurs dans la région. Il se trouve que ce fut Samogneux, et cela n’allait pas être sans conséquence dans les années à venir, de manière tout à fait imprévue.
    Henri Frémont venait de créer à Paris le « Bulletin Meusien » et, au fur et à mesure des jours insérait dans les colonnes de son journal sa fameuse histoire, comme un feuilleton. Il avait inventé une adresse à notre Père Barnabé, rue Lepic, l’une des rues les plus pentues de Montmartre.
    L’ouvrage s’écrit au rythme d’un chapitre par semaine. Les réactions des réfugiés meusiens présents dans les environs de Paris, lisant régulièrement les pérégrinations de ce meusien inconnu, et tous en relation administrative avec le comité du faubourg Montmartre, aident l’auteur pour la suite de son histoire.

    L’armistice est signé le 11 Novembre 1918.
    Les réfugiés rentrent petit à petit et découvrent les dégâts de la guerre et se réinstallent tant bien que mal. Samogneux, village de baraquements provisoires type Adrian est construit en face du cimetière actuel, avec sa chapelle. ( voir le § Cartes postales)
    Entre temps, 30 chapitres du père Barnabé sont écrits et pour conclure l’histoire, la dernière page représente le père Barnabé devant sa baraque sur la porte de laquelle il a cloué un petit drapeau tricolore flottant au vent.
    Henri Frémont décide d’imprimer et de publier son histoire, demande à André Maginot de lui préfacer son livre, ce que celui ci fait de bonne grâce. Les ouvrages sont mis en vente dans différentes librairies meusiennes entre autres.

Quelques éléments du livre.

couverture de l'ouvrage
Barnabé arrivant à Paris comme réfugié
Barnabé face à l'océan...
Barnabé à  Redon (I &V)
Barnabé rentre à  Samogneux


    Un mois et demi après la parution du premier livre, un événement tout à fait inattendu se produisit ; Henri Frémont recevait un courrier de Pau ; voici ce que contenait cette lettre :

-« Monsieur,
Vous ne me connaissez pas, mais je connais votre librairie parce que je reviens de Verdun et que j’y ai acheté tous les livres qui se publient dans votre région. Il faut vous dire que je suis américaine, que j’ai dirigé un hôpital sur le front français et que j’ai beaucoup d’affection pour la France…
Votre Père Barnabé m’a touché et avant de quitter Verdun j’ai tenu à me rendre à Samogneux…J’ai interrogé les gens là-bas…J’ai vu la chapelle…Voulez-vous qu’à nous deux, nous tentions quelque chose pour Samogneux…J’ai réfléchi !… Il n’y a pas que votre Père Barnabé, voyez vous, qui ait des idées, moi aussi !…Ecoutez Monsieur, donnez-moi l’autorisation de traduire votre livre en anglais…Je le vends dans mon pays et le produit de la vente je vous l’envoie pour le village…Est ce que cela vous paraît possible ? Est-ce que cela vous plait ainsi ? » Signé Mistress GRAY

La réponse fut la suivante :

-« Madame,
Je ne sais pas comment vous remercier pour la poignée d’habitants rentrés à Samogneux, comme pour moi-même !…Vous me demandez l’autorisation de traduire mon Père Barnabé, en fait vous pourriez en avoir besoin, c’est vrai. Mais en réalité, c’est moi qui vous l’offre, qui vous prie de vous en servir et lorsque vous l’aurez prise, je resterai, Madame, votre obligé et votre bien reconnaissant ! » Signé Henri Frémont

    Six mois plus tard un premier envoi de 1500 volumes traduits en anglais embarquaient pour Boston. Le Bulletin Meusien annonçait : « Le Père Barnabé part pour l’Amérique, si il a le mal de mer je le saurai et je vous le dirai !… »

Voici un aperçu de l'exemplaire américain:                                                                     

Couverture du livre US
Couverture des "Réfugiés meusiens", traduction américaine.

 

 

 

 

 

2° de couverture de l'ouvrage
2° de couverture version US.

Dédicace de Mrs H. Gray
Dédicace de Mrs H.gray

"Dans l'espoir que ceux et celles qui viennent un jour visiter Samogneux dans la Meuse, et fassent de leur mieux pour effacer la distance entre ces deux continents."
Dédicace de l'auteur à ses deux fils
Dédicace de l'auteur à ses deux fils, dont son fils ainé Léon, mort pour la France dans le fort de Troyon (55) le 23 Septembre 1914.
Note de l'auteur 1/2
Note de l'auteur 1/2
Note de l'auteur 2/2
Note de l'auteur 2/2
Bulletin de souscription 1/2
Bulletin de souscription, inséré dans le livre et détachable, destiné à récolter des fonds pour financer la reconstruction de Samogneux.
Bulletin de souscription 2/2
Recto du bulletin de souscription et 1° illustration du livre.
Une des  illustrations
Une des illustrations de l'ouvrage.


    D’autres envois sont fait régulièrement et Madame Horace Gray tient parole ; les chèques commencent à arriver.

                                                                      Mrs Horace Gray
                                                                              Mrs Horace Gray en 1930

    Le 25 juillet 1927 un compte est ouvert pour la circonstance à la banque Varin Bernier. Ce compte sera celui du Comité qui a dû être créé pour légaliser l’affaire.
    A ce comité se sont joints spontanément Messieurs Raymond Poincaré président du conseil ( Premier Ministre) et ancien Président de la République, André Maginot ministre de la guerre, Victor Schleiter député maire de Verdun, Georges Lecourtier sénateur, le préfet de la Meuse du moment, le général Boichut gouverneur de Verdun, Léon Florentin de Samogneux, Achille Jacques le maire de Samogneux à cette époque père de Georges Jacques, Madame Horace Gray, son banquier et bien sûr Henri Frémont.

    Au Journal Officiel le Comité pris le nom de : L’Oeuvre de relèvement de Samogneux..
    Mille dollars sont déposés immédiatement, et ce, à neuf reprises jusqu’en 1930, soit 9000 dollars ou
225 000 francs* de l’époque. Ces fonds ont servi à différentes réalisations dans le cadre de la reconstruction.
La répartition a été la suivante :
Pour la commune :
- Contribution à la construction d’un pont en dur reliant Samogneux et Regnéville. 100 000 francs*
- Achat d’un terrain, un pâquis. 26 800 francs*
- Achat d’une pendule électrique pour le clocher. 10 500 francs*
Pour l’église :
- Un harmonium, des ornements et objets de culte. 13 000 francs*
- Un chemin de croix et deux toiles allégoriques peints par le peintre de genre Lucien Lantier.
7 000 francs*
Pour la mairie :
- Des travaux de menuiseries et une bibliothèque communale. 6 000 francs*
- Réfection du chemin allant à Régnéville. 5 000 francs*
- Remise en état du Chemin sous la Ville. 5 000 francs*
- Statut et aménagement du Père Barnabé. 6 000 francs*
- Contribution aux impôts pour la construction d’un pont en dur reliant Samogneux et Regnéville. 10 000 francs*
- Contribution à la confection et l’érection du monument aux morts. 22 000 francs*.

L’inauguration du village reconstruit s’est faite le dimanche 6 octobre 1935 en présence de nombreuses personnalités et d’environ 500 personnes.

*Cours du franc de 1930 en euro 2003, (source INSEE) : 1 franc 0,48302€

    Parmi les personnalité présentes on pouvait noter entre autres, Messieurs Henri Frémont, les sénateurs Courot, Lecourtier et Mirouel, le député Gaston Thiébaut, natif de Samogneux, et qui fait l'objet en 2010, d'un excellent ouvrage de Jean Pierre Harbulot (Maître de conférences en histoire contemporaine à l'Université Henri Poincaré de Nancy): GASTON THIEBAUT le parlementaire meusien qui a dit NON à Pétain, le préfet de la Meuse Natalelli, le président du conseil général, l’inspecteur d’académie, les sculpteurs Broquet et Borgine, le peintre Lucien Lantier, l’architecte du pont sur la Meuse Delangle, le général Riviére gouverneur de Verdun et bien sûr le maire de Samogneux Georges Jacques en compagnie de nombreux maires des villages alentours , mais en l’absence forcée de Madame Horace Gray souffrante et en repos à Pau et qui a bien regretté, par lettre, de ne pouvoir assister à la réalisation de son œuvre : la renaissance de Samogneux.

 

  Henri Frémont avec ses petits enfants, et mon pére Jacques Lecointe (avec le béret) alors âgé de 10 ans
Le pére Barnabé érigé au pied de l'ancienne église, au bord de la route, Henri Frémont en présence de quelques enfants, dont.. mon pére, Jacque Lecointe (à droite avec le béret), alors âgé de 10 ans et encore résidant à Brabant pour quelques semaines avant l'installation de la famille à Samogneux au café.

  Le monument du Père Barnabé a changé de place quelques années après son érection pour être installé en 1936 à son emplacement actuel, près de l’ancien café à qui il a pu ainsi prêter son nom ; « Café AU PERE BARNABE ».
    Ce transfert s’est effectué par acte officiel, en atteste un document daté du 31 août 1936, établi entre les deux parties, Henri Frémont, secrétaire trésorier de l’Oeuvre franco-américaine du relèvement de Samogneux d’une part et Robert Lecointe, mon grand père, café-restaurant « Au Père Barnabé » à Samogneux d’autre part. Il a été convenu ce qui suit :
    «…La statue du “Père Barnabé” de Samogneux, propriété de l’Oeuvre et qui se trouve actuellement au pied de l’ancienne église de Samogneux sera, par les soins de Monsieur Lecointe Robert qui accepte, déplacée et amenée au village de Samogneux,sur un terrain en bordure de la route appartenant au dit Lecointe Robert.
…Il est expressément entendu que la statue du “Père Barnabé” restera la propriété de l’Oeuvre franco-américaine et de Monsieur Henry Frémont sus-nommé et que son prix marchand, pour la commodité, est fixé à cinq milles francs… » Signé Henri Frémont

    Ce déplacement est à l’origine d’une anecdote. Pour transporter la statue du Père Barnabé, les ouvriers chargés du travail ont utilisé le corbillard à bras du village, l’opération se passant en fin de journée, l’hiver 1936-37. Pour la nuit ils ont remisé l’ensemble dans le garage du café tenu par Monsieur Lecointe Robert.

Nouvel emplacement
                                                     Collection M. Lecointe
Le pére Barnabé installé à son nouvel emplacement en présence entre autre
de Henri Frémont et de mon grand père, Robert Lecointe, juché à l'arriére de la statut.


    L’établissement faisait aussi hôtel. La journée terminée, un tractionnaire de péniches sur le canal de l’Est, s’est présenté pour coucher. Monsieur Lecointe l’invita à garer son tracteur dans le garage… Il faisait nuit. En entrant dans le garage, qu’elle ne fut pas la surprise du pauvre chauffeur de découvrir dans ses phares…un mort sur un corbillard. Il se précipita aussitôt dans le café pour connaître les circonstances de la mort de ce noyé croyait-il. Surprise de la clientèle présente et éclats de rire aux dépens du pauvre homme, qui en fut quitte pour une belle peur.

Le monument aux morts :

    Monument élevé en 1933, le socle en pierre calcaire où sont gravés les noms des morts par le faits des guerres a été construit par Bourgine et la statue en bronze a, elle, été sculptée et fondue par Gaston Broquet. L’ensemble fut financé grâce à la générosité de l’Oeuvre franco-américaine du Relèvement de Samogneux d' Henri Frémont de Verdun, de Miss Horace Gray de Boston à hauteur de 22 000 francs et en coopération avec la Principauté de Monaco, pour la somme de 20 000 francs, soit un total de 42 000 francs. ( source: Le bulletin Meusien)

    La statue représente un fantassin français s’empressant de s’équiper de son masque à gaz (MCG, baptisé ARS Appareil Respiratoire Spécial) suite à une alerte aux gaz, d’où son nom : “ L’alerte aux gaz” . Il maintient à l’aide de son genou gauche et dans le creux de son coude droit, son fusil Berthier Mle 1916 semble-t-il. Dans les années 80 un vandale s’est permis de désolidariser l’arme de la statue et de la subtiliser.

    En 2004… la municipalité a fait la restauration du monument pour réparer cet outrage; la représentation d’un fusil Berthier est de nouveau en place.


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2014   LE MONUMENT DE LA HONTE !

"Un monument commémoratif austro-hongrois a été inauguré le 14 juin 2014 à Samogneux, au nord de Verdun", titre l'ER, journal local.

   Me rendant à Samogneux ce mois d'août 2014, j'attendais de voir cette "honte" avant de juger et de m'exprimer. C'est chose faite.. c'est bien une honte!    J'étais au courant du projet depuis 2 ans maintenant, cela restait confidentiel et il ne faisait pas du tout l'unanimité dans la communauté de communes et aurait même pu avorter.
   Il faut savoir que celui qui accepté, à savoir le maire, n'a pas de culture sur l'histoire de France, ni de Samogneux, la guerre de 14..., ah!? Il y a même eu des soldats français qui ont perdu la vie ici pour défendre et reprendre ce village, ah bon! ça alors!
   C'est tout simplement scandaleux, trahir nos poilus ainsi, cracher sur leur sacrifice, honorer l'ennemi et bafouer la décoration de la Croix de guerre avec citation à l'ordre de l'Armée décernée à Samogneux .. pour ses souffrances endurées à cause de "l'Allemagne et de ses alliés" ( c'est le libellé exact affiché dans la mairie..).
    A quelques dizaines de métres de là, se trouve la tombe d'un officier français, un des principaux artisans de la reprise de Samogneux, qui a perdu la vie à l'issue de sa mission accomplie, le village, ou ce qui en restait, enfin de nouveau aux mains des français..aprés 1 an et 1/2 aux mains des boches, ou leurs alliés et qu'on honore aujourd'hui avec écharpe tricolore (bleu, blanc, rouge...)
   Le rôle éminent du capitaine Juhanahandy dans la reconquête de Samogneux le 21 août 1917 au soir, dont je connais en détail l'action et la vigueur ce jour-là, ce rôle et sa mort ce soir là à l'issue des opérations, est balayé par cet étron ennemi érigé à 200m de sa sépulture en ruine et si peu mise en valeur, là on a pas de sous! Les bénévoles font ça très bien...
    Les forums sur Internet s'en donne à coeur joie pour fustiger cette opération "saumono austro hongoise", je cautionne, certains qualifient même les gens de Samogneux de collabos tardifs, c'est dire! Quant aux élus locaux présents le jour de l'inauguration, dont j'ai appris que certains étaient mal à l'aise, ne se sont pas honorés ce jour-là. Beaucoup n'ont pas encore pris la mesure de cette forfaiture. La pseudo amitié entre les peuples a bon dos, une commémoration raméne toujours dans le contexte d'alors, nos armées contenant ou repoussant le boche chez lui, car il n'était pas chez lui...en tout cas moi et d'autres on n'oublie pas ! 
Il est à noter aussi, que pour cette "inauguration" aucun habitant n'a été informé et à fortiori convié...
   Petite anecdote locale non connue, liée à l'endroit!
Sur cette aire de pique-nique, à 2 m de cette affront à nos poilus, il y a une borne Vauthier, un soldat allemand tué en 1940 lors de l'invasion, était enterré pile à l'emplacement de cette chose. On peut voir une photo sur Internet où un de ses camarades, avec son vélo, se trouve prés de la tombe. En 1941, ma mére alors âgée de 11 ans, rentrée d'évacuation, se promenant avec une de ses amies du même âge et du village, se sont retrouvées prés de la tombe, la copine instinctivement a fait le signe de croix.. ma mère lui fait remarquer qu'il s'agit d'un boche.. la copine a aussitôt "défait" son signe de croix en le refaisant à l'envers....
   J'ai eu l'occasion ce mois d'août de m'entretenir avec quelques habitants, du sujet, la méconnaissance totale des événements historiques et de ma position les ont interpellés, il y a même un membre du conseil municipal qui m'a répondu: "c'est pas sur le terrain de la commune, on s'en fout"... c'est à tomber à la renverse, l'édification d'une bloc sanitaire à cet endroit aurait eu le même impact, mais aurait été plus utile sur cette aire de repos.
    On a pas à honorer la mémoire de l'ennemi, le boche a ses cimetière pour ça, et c'est suffisant, on est pas allé les chercher. D'autre part, beaucoup semblent oublier que les autrichiens sont à l'origine du conflit, l'attentat de Sarajevo contre l'archiduc concernait directement l'Autriche, de manière plus triviale; c'est eux qui ont foutu la m...!
    Ma vision des choses n'a pas à être mis en paralléle avec des restaurations de vestiges, comme par exemple la sculpture allemande sur le mur du cimetière de Sivry, datant de l'occupation il y a 100 ans.
   Pendant qu'on y est, pourquoi ne pas ériger une stéle à Vacherauville au général von Stülpnagel qui, rentrant en Allemagne sur convocation, aprés l'attentat manqué contre Hitler, le 27 juillet 1944, s'est simplement estropié en se tirant une balle dans la tête, au bord de la Meuse, là où il avait combattu lors de la premiére guerre?

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